En ce moment, mon couple c'est plutôt :

The big little lies, la série qui nous plonge dans la violence conjugale

Déborah Galopin
the big little lies

The Big little lies fait partie des nouvelles séries de cette année qui mérite vraiment le coup d’œil, surtout quand on voit le casting : Nicole Kidman, Alexander Skarsgard, Shailen Woodley… Si au début on a tendance à l’associer un peu facilement à Desesperate Housewifes : un petit groupe de femmes qui se lient d’amitié, vivant pour la plupart dans les hautes sphères de la société, sur fond d’humour, de secrets et de vices. C’est presque basic et pourtant, en plus d’être bien ficelé, il y a une vraie réflexion autour du couple.

L’histoire et les relations se nouent autour des enfants qui font leur rentrée en CP, pour progressivement découvrir l’intimité des couples. Une double intrigue se met en place : une personne est décédée à Monterey et l’un des enfants a agressé l’une de ses camarades de classe. Nous ignorons leur identité et chacun y va de son propre avis pour chercher à découvrir la vérité. C’est ainsi que sous l’apparence vernie que chacun renvoie, on va connaître leurs petits secrets. Ce qui prédomine au cours de ces 7 épisodes et qui va progressivement s’accentuer, c’est la violence. D’abord chez les enfants comme quelque chose de très primaire, puis les tensions entre les différentes mères qui cherchent naturellement à protéger leur enfant, mais aussi au sein d’une même famille. Cette série est à la fois bercée par beaucoup de tendresse et d’amour et à contrario, secouée par des sursauts de violence.

Big Little Lies met en scène ce couple très intéressant entre Nicole Kidman (Céleste) et Alexander Skarsgard (Perry) qui montre deux individus possédés par la passion et la rage. Si ces excès interpellent au début, c’est la répétition qui nous fera prendre conscience de l’anormalité de la situation. Cela interroge sur la frontière même entre ces deux sentiments, à partir de quel moment bascule-t-on vers le vice ? La passion n’est-elle qu’une forme de violence ?

La série loin d’être manichéenne montre toute la complexité que peut amener ce genre de relation : de l’espoir de croire qu’il pourra changer, de l’amour que l’un et l’autre se portent, de la peur engendrée, de l’incapacité d’en parler par honte et pour ne pas être perçu comme la victime. Si d’un point de vue extérieur, on peut s’insurger d’un : « mais pourquoi elle reste avec son mari ? C’est qu’elle le veut bien… », lorsqu’on voit la gentillesse dont son mari peut faire preuve, l’émotion qui l’étreint quand elle lui fait une surprise, la figure du père parfaite qu’il incarne, alors oui, on peut comprendre qu’une femme amoureuse préfère voir les aspects positifs de son mari, que ses excès de colère. Pour autant, cela n’excuse pas les actes. La prise de conscience de Céleste sera progressive.

Si aujourd’hui, on présente les relations amoureuses sous leur meilleur jour, Big Little Lies ramène un peu de poivre aux histoires édulcorées. Ce sont les femmes qui sont mises en avant, avec leurs blessures, leurs casseroles et bon nombre de sujets de société qui les impactent directement. Malgré la dureté de certains sujets, jamais on ne se dit que les scénaristes en font trop, mais au contraire que ça fait (malheureusement) partie des banalités de la vie. Chaque petit (gros) secret que les personnages se partagent entre amis aide en même temps à lever une sorte de tabou. Une série bien ficelée et qui fait réfléchir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *