En ce moment, mon couple c'est plutôt :

Sa famille n’est pas importante, l’important c’est qu’on s’aime

Marie Bernard Lejeune
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Quand on veut aller plus loin avec une personne, arrive toujours le moment de cette fameuse rencontre, plus ou moins redoutée, avec les parents, puis avec la famille : « j’ai hâte de les rencontrer ! », « tu penses qu’ils vont m’aimer ? » « Et s’ils ne m’aiment pas ? » On sait que notre partenaire nous aime, il nous l’a démontré. Mais on a aussi besoin que sa famille nous accepte, si ce n’est pas le cas ça peut semer le doute : « est-ce qu’on fait le bon choix ? »

Quand ça ne se passe pas comme espérer, on peut entendre couramment : « Ma femme est très proche de sa famille, mais je ne suis pas accepté à l’intérieur de celle-ci. Je me dis que ce n’est pas le plus important, que ce qui compte le plus c’est notre couple. » Ou encore « Sa famille je m’en fiche, qu’ils m’aiment ou non, tout ce qui compte c’est qu’on s’aime nous. »

Mettre sa famille de côté, est-ce vraiment la solution ?

Ne pas être accepté(e) dans sa belle-famille est une situation qui peut être vécue douloureusement. Alors, c’est vrai que dans ce cas-là, on a envie de mettre la famille de l’autre de côté pour ne pas souffrir. C’est difficile à vivre parce que c’est un peu comme si une partie de la personne qu’on aime nous rejetait, parce que la famille est le premier lieu où l’on commence à forger sa personnalité. C’est là d’où vient votre partenaire, là où sa personnalité, qui nous a fait craquer et nous a complètement séduit(e), a commencée à se construire. Chacun promène avec lui sa culture familiale, son éducation, et tout ce qui est venu se greffer dessus. Considérer celui/celle qu’on aime c’est aussi considérer sa famille telle qu’elle est. Et en considérant sa famille, c’est accepter en lui dans tout ce qu’il est.

Si la famille de notre conjoint ne nous accepte pas, c’est au conjoint d’établir un rôle d’intermédiaire. Ce genre de conflit peut être lié au fait que la belle-famille a une certaine image de vous qu’elle rejette. Par exemple, ce n’est pas la belle-fille ou le gendre dont ils rêvaient. Si de votre côté vous ressentez clairement leur rejet, parlez-en avec lui pour ne pas garder ça au fond de vous. Ça pourrait s’envenimer et vous amener à critiquer la belle famille de votre conjoint devant lui. Il pourrait le sentir comme une atteinte personnelle. Vous imaginez la suite, ça pourrait ne faire qu’empirer les choses et entrainer un déplacement du conflit vers lui.

Pour Gary Chapman, conseiller conjugal, « Lorsque deux personnes s’unissent, leur union ne se limite pas à leur couple, mais intègre les familles étendues des deux côtés : belle-mère, beau-père, et peut-être belles-sœurs et/ou beaux-frères. (…) Quoi que l’on dise des familles, nous savons qu’elles sont différentes les unes des autres, ce qui est très souvent source de problèmes d’adaptation. »

Dire que le plus important (que sa famille) c’est qu’on s’aime peut-être une manière de fuir et d’éviter la création d’une relation avec sa belle-famille. Le fait de devoir s’adapter, faire avec des modes de fonctionnement différents des nôtres, par exemple en ce qui concerne les fêtes de famille, ce n’est pas toujours agréable et ça demande de se faire un peu violence.

La famille de celui, ou celle qu’on aime est importante mais dans une certaine mesure. Elle ne doit pas venir empiéter et nuire à sa vie de couple. Si la belle-famille est trop envahissante, il est normal de prendre un peu ses distances. Par exemple, quand on se marie et qu’on a la chance de pouvoir en avoir, les enfants sont une étape très importante. Pour cela, il vaut mieux que la relation couple/famille soit bien ajustée pour accueillir cet enfant dans un climat calme et paisible, où chacun sait tenir sa place.

Pour citer Gary Chapman : « La belle-famille ne devrait pas être cause de discorde, mais au contraire fournir aide et soutien au couple. (…) Cet idéal est constitué de liberté et d’harmonie. Ainsi les couples doivent avancer sur les rails parallèles de la séparation d’avec les parents, et du respect à leur égard. »

Comment entretenir de bonnes relations ?

Cette nouvelle famille dans laquelle on rentre est en quelque sorte une « famille d’adoption ». Et quand on est en conflit avec sa propre famille, c’est quand même agréable et rassurant de savoir qu’on sera accueilli(e), écouté(e) etc. Pour cela, apprenez à créer des relations seul à seul avec votre belle-famille. Montrez-leur que vous les accueillez tels qu’ils sont, que vous vous intéressez à eux, tout en restant libre et en ne dépassant pas une certaine limite pour vous-mêmes. N’en faites pas trop, on ne vous demande pas d’être hypocrite non plus. Créer et entretenir de bonnes relations avec sa belle-famille contribue à rendre le mariage plus serein.

Il est important que son mari ou sa femme entretienne des relations équilibrées avec sa famille, notamment ses parents (surtout sa mère, pour les hommes comme pour les femmes), en se détachant de sa famille pour faire de son conjoint sa première priorité et être attentif d’abord à ses besoins. Par exemple, même si l’entente est cordiale entre votre partenaire et vos parents, il faut savoir ne pas insister ou reconnaître quand l’autre en a un peu assez. Ne lui imposez pas le déjeuner du dimanche midi chaque semaine si vous sentez qu’il commence à “saturer”.

Imaginez une femme qui vient d’une famille peu nombreuse, avec quelques fêtes de famille par ci par là, mais rien de très « protocolaire ». Elle aime son chéri, il n’y a aucun doute là-dessus. Par contre, il y a une réunion de famille au moins une fois par mois et ça dure des plombes. Et en plus on se retrouve à 20 à table à chaque fois, ça fout la trouille ! Et ça se comprend. Ça donne plutôt envie de prendre de la distance. Dans ces cas là, c’est au conjoint d’équilibrer les choses. Avec votre conjoint, vous pouvez aussi proposer vos propres disponibilités à vos familles pour que chacun y trouve son compte.

Le plus important c’est de se sentir libre par rapport aux familles de chacun. Il faut aussi être capable de se détacher de ce que pense sa belle-famille, à son sujet ou sur d’autres sujets de désaccord. La famille n’a pas à être un poids. Elle est là pour accueillir le bonheur de ses enfants, et les laisser libres de vivre leur vie comme ils l’entendent.

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