En ce moment, mon couple c'est plutôt :

L’interview de Valérie Mathieu sur la répétition des schémas

Nous sommes allées à la rencontre de Valérie Mathieu, conseillère conjugale au cabinet Mots Croisés dans le 15eme arrondissement de Paris. Le sujet du jour portait sur une thématique qui la passionne particulièrement, il s’agit des situations qui favorisent la répétition des schémas. Comme nous avions pu le voir dans un précédent article, c’est bien souvent notre passé qui conditionne notre histoire actuelle. Valérie Mathieu nous en dit plus.

De par notre histoire familiale et personnelle, nous sommes tous faits de manques et de blessures que nous cherchons à combler. Valérie Mathieu nous explique qu’il est fréquent de penser que c’est l’autre qui va venir nous guérir. Or, c’est souvent ce mode de pensée qui créer des tensions au sein de couple. Pour illustrer ses propos, elle prend en exemple le cas où une personne a vécu toute son enfance dans une famille violente. Ayant eu un père qui ne lui a pas donné l’attention qu’elle méritait, elle va chercher chez son conjoint cette capacité à satisfaire ce manque.

« Le risque c’est d’être toujours en quête de plus. Dans ce cas, plus elle sera en demande, moins son mari sera compétent à y répondre. Cela va donc confirmer ses fausses croyances, qui sont que l’homme est incompétent à aimer. C’est un cercle vicieux. » dit Valérie Matthieu.

La carence est tellement forte qu’au lieu de provoquer la capacité à répondre à ce besoin, cela va lui donner l’impression que quoi qu’il fasse, il ne sera pas en mesure de combler ses attentes.

On sent à travers les mots de la conseillère que le sujet qu’elle aborde est particulièrement subtil et sensible. Ce n’est donc pas l’autre qui va venir nous guérir, mais la relation, c’est-à-dire en fonction de comment les choses circulent entre les deux personnes. C’est une question de nuance et d’équilibre.

Si on peut souffrir de nos propres manques, c’est parce que l’autre va nous obliger à regarder nos blessures, car il a cette capacité de mettre en lumière nos parts d’ombre. Pour autant, il n’est responsable de notre malheur.

« C’est lorsqu’on n’est plus dans l’accusation que le travail peut commencer ». Un peu plus tard, elle ajoute « Il faut accepter que cette histoire vienne perturber notre couple. Ce n’est pas grave. C’est normal. »

Ainsi Valérie Mathieu nous aide à prendre conscience que chacun est responsable de ce qu’il se passe dans son couple. Ce qu’on perçoit comme une incompatibilité est en réalité un processus normal face auquel nous devons effectuer un travail intérieur pour justement trouver cet équilibre.

Vous pourrez retrouver dans le podcast l’intégralité de l’entrevue entre Anne-Sixtine Pérardel et Valérie Mathieu. Elle explique le « bégaiement du couple », approfondit cette notion de manque et donne ses conseils pour sortir de l’accusation.