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Nombre de relations sexuelles : c’est quoi la norme ?

Gladys Montini
nombre de relations sexuelles

8.7, c’est le chiffre moyen de relations sexuelles par mois chez les Français selon l’étude CSF. Outre le fait que des chercheurs s’attellent à l’observation et à la modélisation de ce qui se passe sous la couette des Français, ce chiffre est très difficile à lire entre les oreillers en raison de la diversité de nos histoires, de nos couples et ne saurait être érigé en but à atteindre ou bien en palier sur lequel il faudrait redescendre. Tout est histoire d’amour, vous l’aurez compris, ce, même pour nos statisticiens préférés !

Se débarrasser des idées reçues

Avant toutes choses, efforçons-nous de répondre aux idées reçues sur cette question brûlante.

Certains sont par exemple persuadés qu’il est « Hygiénique ou vital d’avoir une union par jour ». Il est vrai que l’homme est en principe tous les jours fécond à compter de sa puberté, et ce jusqu’à sa mort. Il produit entre 100 et 300 millions de spermatozoïdes par jour, chacun d’entre eux vivant entre 2 et 5 jours : la fécondité masculine est donc profuse, prolifique et permanente. On pourrait donc penser que l’implosion serait un risque en absence d’éjaculation. D’une part, le nombre de spermatozoïdes émis lors d’une union étant de 50 à 100 millions par mililitre n’est pas suffisant pour évacuer l’ensemble du contingent à flagelles ; et d’autre part, les spermatozoïdes sont détruits, recyclés ou évacués dans les urines. Donc le corps sait gérer l’absence de relation sexuelle et il n’est pas vital pour lui d’en avoir une par jour. Voilà. En quelques lignes, nous venons de démonter une excuse masculine.

L’autre idée reçue très prégnante : « Si je refuse, il ne va plus m’aimer ou il va me tromper ». Cette crainte provient de la propension à se réduire soi-même à un objet de plaisir et à ne pas se reconnaître, se savoir ou se sentir aimé(e) pour soi-même. Contrairement à l’homme qui est quasiment toujours prêt, la femme a, dans son corps, un minutieux mécanisme pour orchestrer sa fertilité, celui-ci étant contrôlé par plusieurs hormones qui imprègnent tout son quotidien, son moral, sa vision du monde, ses relations, son désir, sa libido et son humeur. L’enjeu est donc ici de se parler, de se dire à l’autre afin de pouvoir s’harmoniser dans nos désirs. La femme se sentira d’autant plus apte à se donner, si son mari a été à l’écoute lors d’une précédente discussion. Parlons-nous donc, et écoutons-nous.

Enfin, on peut entendre « On n’a pas inventé la pilule pour ne pas en profiter » ! Bien sûr, il n’y a pas de limitation de la part de qui que ce soit sur votre activité de dessous la couette. Par contre, attention à l’idée que sous-tend cette phrase d’apparence anodine. C’est l’idée de l’open-bed, qui a deux effets néfastes, celui de chosifier l’autre en vue de son plaisir personnel, et celui, secondaire, mais non moins triste, d’atteindre la satiété et ne plus avoir envie de l’autre. Quand on peut manger des pizzas à volonté, au bout d’un moment on n’en a plus envie… C’est pareil pour le sexe. Sachons recevoir l’autre de façon renouvelée et renouveler nos façons de nous dire « Je t’aime. » D’autant qu’une étude menée par T. Jacob-Argot sur les Méthodes Billings en 2008 a démontré que 65 % des couples vivant les méthodes naturelles (et donc des temps forcés d’abstinence) avaient entre 7 à 14 unions par cycle, contre 0 à 7 unions chez les couples utilisant d’autres moyens… Preuve que respecter le cycle féminin n’est finalement pas une si mauvaise chose que ça.

Automatisme et liberté

Après avoir répondu aux objections classiques concernant la fréquence des unions conjugales, cœur de l’intimité et sommet du don total, essayons de réfléchir à la question « comment on se donne » : par obligation, automatisme, ou bien librement ?

Est-ce que chaque matin, je choisis d’aimer l’autre, de partir à sa conquête ? Ou bien est-ce que je considère que son amour et son don me sont acquis ? Pour nous donner, nous avons besoin d’être désiré(e), touché(e) même bien en amont de l’union sexuelle. Il est important d’apprendre à poser des gestes de tendresse « gratuits », sans viser l’union, juste pour manifester à l’autre « tu es là et je t’aime ». Se sentir aimé est donc nécessaire à la capacité et au désir de se donner complètement.

Le climat de l’écoute et de la bienveillance est capital afin de pouvoir se parler en vérité, parler de ses craintes, de ses blessures aussi. Il ne faut pas lésiner sur le pardon, car le cœur de l’intimité du couple peut, du fait de notre vulnérabilité, être le théâtre de blessures d’autant plus profondes. Savoir dire à l’autre « tu es allé trop vite », « j’ai eu mal », « tu ne m’as pas attendu » permet à l’autre d’être plus attentif à notre plaisir. L’harmonie conjugale ne peut qu’en être agrandie et cela favorisera les retrouvailles futures.

L’union conjugale, pour être complète, a besoin de notre corps, certes, mais aussi de notre cœur et de notre esprit. Nous ne nous donnons pas complètement si nous sommes fâchés ou si nous pensons à notre conf-call du lendemain. Le don ne peut être si nous ne sommes pas en paix avec nous-mêmes, mais aussi si nous ne sommes pas en paix avec l’autre, si notre corps n’est pas prêt (fatigue, maladie…), si notre cœur est triste (nous ne nous sentons pas aimés, nous doutons de la fidélité de l’autre, nous avons peur de l’autre…) ou si notre intelligence est monopolisée par autre chose (soucis de boulot, stress, deuil récent, problème avec un enfant, projet immobilier…)

Avec tous ces éléments, nous pouvons choisir d’aimer l’autre en nous donnant à lui en vérité. Aimer c’est savoir dire oui, mais aussi savoir dire non.

Plaisir ou la convergence des coeurs ?

Après le choix d’aimer et de donner librement, penchons-nous sur la finalité que nous mettons à nos relations sexuelles. Interrogeons-nous honnêtement sur le but que nous visons. En effet, si le plaisir résulte du don mutuel des époux, il n’est pas à chercher pour lui-même, au risque de la déception, de la frustration et d’une insatisfaction grandissante. Alors que si nous recherchons à ne faire qu’un avec celui que nous aimons, le désir de vouloir rejoindre l’autre, de nous unir à lui en mêlant nos corps, cœurs et esprits nous comblera par l’amour que l’on donne et reçoit. Cette joie se trouve ternie si nous recherchons uniquement à satisfaire notre plaisir personnel durant l’union, et infiltrera notre quotidien de par cette faille dans le don. L’autre aura moins de joie à nous retrouver sexuellement et la fréquence des rapports sexuels pourrait en être affectée.

Si nous sommes dans un climat de tendresse et d’amour réciproque, nous serons d’autant plus enclins à surpasser un coup de fatigue, une remontrance, un souci pour la joie de partager cette joie conjugale, et de vivre cette union intégrale, jusque dans notre chair. Alors la seule norme qui existe dans les relations sexuelles, c’est l’intention qu’on y met, pas un chiffre.

3 réponses à “Nombre de relations sexuelles : c’est quoi la norme ?”

  1. Le Tellier dit :

    Bravo pour ce merveilleux article que tous les couples devraient lire afin de s’épanouir davantage ensemble!!

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