En ce moment, mon couple c'est plutôt :

J’ai l’impression que l’avis de sa mère compte plus que le mien

Marie Bernard Lejeune
l'avis de sa mère compte plus

« Merci Maman. À bientôt ! » Encore un énième appel de votre conjoint à sa mère cette semaine. Vous soupirez. Surtout quand c’est encore pour lui demander son avis sur des sujets qui vous concernent tous les deux. Et Belle maman a toujours raison ! « Ce serait de temps en temps, je comprendrais, c’est normal de demander conseil à ses parents ; mais comme c’est les ¾ du temps, je le vis comme un manque de confiance », en bref, vous avez l’impression que l’avis de sa mère compte plus que le vôtre. À tel point que quand il/elle vient vous demander conseil, vous avez envie de lui répondre sèchement : « tu n’as qu’à demander à ta mère, ça te fera gagner du temps ! ».

Le trouple : lui, sa mère et vous…

Effectivement, il y a de quoi se mettre en colère. Un couple c’est l’engagement de deux personnes (et non pas trois) l’une envers l’autre, pour un projet de vie commune, et qui repose sur plusieurs piliers, dont la confiance. Faire confiance à l’autre, c’est être sûr(e) de sa présence à nos côtés, de ses encouragements, de son écoute et de sa compréhension, de son honnêteté, de son soutien, mais également de croire en ses capacités. Que votre conjoint privilégie l’avis de sa mère et trouve le soutien auprès d’elle est blessant, et c’est normal que ce soit vécu comme un manque de confiance en vous. C’est une situation où l’on peut se sentir mis(e) de côté, voire incapable.

Là, pour le coup, on a envie de se dire : la belle-mère possessive et envahissante a encore frappé. Et ce n’est pas à tout à fait faux. Le rôle des parents est d’élever leurs enfants en vue de leur indépendance, et de les aider à devenir des adultes matures, qui savent se débrouiller sans eux. Si votre conjoint a besoin de l’avis de sa mère, c’est que sa mère, peut-être inconsciemment, l’a rendu trop dépendant d’elle et ne l’a pas laissé partir. Elle le « prive », d’une certaine manière, de sa liberté.

Les belles mères adorent donner leur avis sur tout sans qu’on ne leur ai demandé leur avis : la tenue de la maison, la manière de faire la cuisine, l’éducation des enfants : « vous les gâtez trop ! », la tenue vestimentaire « trop » ou « pas assez féminine/négligé » le fait de (trop) travailler : « avant, on élevait nos enfants nous-mêmes ! » ou « vous n’êtes pas assez présent pour elle », la sécurité financière apportée, le comportement… Enfin, tout un tas de domaines que la mère scrute et vérifie, et pour lesquels elle n’a pas sa langue dans sa poche.

Du côté de votre conjoint, il y a un manque d’indépendance vis-à-vis de sa mère puisqu’il privilégie son avis plutôt que le vôtre. Comme si sans Maman, il était perdu. Quand on se marie, on « abandonne » sa mère au profit de sa femme. On est apte à vivre sans ses parents sur tous les aspects (financiers, affectifs, prise de décisions, choix…). Bien sûr, les parents sont toujours présents, et demander conseil est normal, mais être dépendant de leur avis comme si on avait besoin de leur approbation est un manque de maturité.

« Il s’agit de couper le cordon, psychologiquement. Si un homme se trouve en situation de conflit d’intérêts entre sa mère et sa femme, en tant que mari il doit se tenir du côté de sa compagne. Cela ne signifie pas qu’il puisse traiter sa mère avec mépris, mais seulement que celle-ci n’est plus la femme prédominante dans sa vie. (…) Aucun couple ne peut atteindre son plein épanouissement à moins d’effectuer cette coupure d’avec les parents. » Gary Chapman, un des pionniers dans le conseil conjugal, dans Le couple et la belle famille.

Les stratégies pour que la belle-mère possessive cesse de frapper !

Pour mettre votre partenaire en face de la situation, et lui faire prendre conscience de cette dépendance, vous pouvez compter par jour/semaine le nombre d’appels, messages qu’il envoie à sa mère. Une preuve concrète sera plus marquante que la simple constatation de la situation. Ne faites pas pour autant culpabiliser votre partenaire avec des phrases du type : « de toute façon mon avis ne compte pas », « je dois sûrement être idiot(e) pour que mon avis ait aussi peu d’importance pour toi ». Ce sont des techniques de manipulation qui ne feront que le mettre mal et ne l’aideront pas à en prendre conscience. Il va le prendre comme une attaque, et particulièrement une attaque envers sa mère, et ça devinez quoi ? Ça vous retombera dessus…

Au contraire, prévoyez un moment pour lui exprimer que vous êtes blessé(e) (ne soyez pas extrême dans la formulation, pas d’exagération) qu’il privilégie l’avis de sa mère au vôtre, que vous le prenez comme un manque de confiance envers vous. Mais aussi, d’une certaine manière, un manque de respect de votre intimité, parce que si votre partenaire demande souvent l’avis de sa mère, les conseils demandés concernent votre vie à tous les deux. Et vous n’avez pas franchement envie que Belle Maman soit au courant de tout ce qu’il se passe.

Quelle place laisser à ses parents et/ou beaux-parents ?

Il faut trouver la juste distance entre parents/beaux-parents et enfants : ni trop près, cela empièterait sur votre relation de couple ni trop loin, car ignorer ses parents est une souffrance que vous leur infligez à eux, et à vous-même, qui reviendrait à nier votre propre histoire. La juste distance affective se vit dans un amour fidèle, mais discret. Cela vous fait entrer dans une relation d’adultes à adultes avec eux : vous accueillez leur affection et leur soutien, et vous leur donnez aussi votre attention. Il vous faut prendre en considération leurs propres besoins et les respecter, comme vous aimez qu’on vous respecte et dans le même temps, considérer votre conjoint en lui donnant la place principale dans les prises de décisions et les avis à donner.

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