En ce moment, mon couple c'est plutôt :

Être quelqu’un, avant de vouloir être avec quelqu’un

Claude Guary du Cabinet Raphaël
être quelqu'un

Quand vous êtes seul(e)s, vous vous plaignez : est-ce que je vais trouver quelqu’un ?

Quand vous êtes avec quelqu’un, vous vous demandez : est-ce que c’est la bonne ou le bon ? Est-ce que je l’aime vraiment et est-ce qu’elle m’aime autant que moi je l’aime ?

Toutes ces questions sont légitimes, mais si on veut se préparer à aimer la véritable question c’est : comment passer de l’amour pour moi à un amour pour l’autre ?

En vous vous engouffrant dans une relation avant d’avoir apprivoisé, développé et affirmé votre personnalité vous risquez de vous laisser porter par l’autre. D’où le fait d’être quelqu’un, avant d’être avec quelqu’un.

L’adolescence est justement un moment propice pour connaître son identité, mais cette étape peut être repoussée à plus tard : crise de la quarantaine, après un divorce, un deuil… Il s’agit d’un moment où l’on fait systématiquement face à soi-même. Un moment qui peut parfois être douloureux, mais nécessaire.

Comprendre ses blessures liées à son passé :

Actuellement, j’ai en entretien une jeune femme qui remet en question tous ses choix de vie, car ses parents sont en train de divorcer. C’est comme si ses fondations s’écroulaient ! Il y a beaucoup de confusions, elle ne sait plus où elle en est. Elle me dit qu’avant elle ne s’était jamais posé trop de questions.

Il est important de se connaître et de connaître son histoire. Mon travail de CCF (conseillère conjugale et familiale) me montre que l’histoire de chacun dans sa famille est importée dans le couple et cela peut parfois poser problème. D’où l’importance de réfléchir sur les représentations que vous avez de la famille, car il arrive qu’on se construise contre ses parents. Relisez votre histoire pour voir comment elle vous a construite et repérez ce qui est bon pour vous et ce qui est difficile.

Paul et Marie n’arrivent plus à communiquer et sont en souffrance… Régulièrement, à partir d’un incident appartenant à la vie quotidienne, ils se retrouvent tous deux projetés dans leur passé, affectés par d’anciennes blessures. Par exemple, en oubliant des choses que Marie lui demande, Paul réactive des douleurs auxquelles elle réagit par le reproche et la critique. Justement ce que Paul déteste, car il l’a subi de la part de sa mère.

Si les couples explosent aujourd’hui, c’est parce que nous avons des attentes démesurées. On voudrait que l’autre nous sauve tel le valeureux chevalier, mais pensons d’abord à nous sauver nous-mêmes. En apprenant à prendre soin de vous, vous vous assurerez une vie de couple plus sereine puisque vous aurez réussi à vaincre par vous-même vos propres démons intérieurs (le dangereux dragon).

C’est un vrai travail ! Ce qui n’a pas été éclairci va peser sur votre vie future et vous risquez de demander plus ou moins consciemment à votre amoureux de réparer ce qui a été douloureux pour vous.

Apprendre à se connaître :

Il peut y avoir beaucoup de perturbateurs qui vous empêchent de réfléchir sur « qui je suis ». Pour tenter de se connaître, il est important de faire l’expérience fondamentale de la solitude ce qui vous permettra de devenir un sujet libre. C’est un bon moyen pour s’habituer à être dans ce dialogue intérieur avec vous-même pour qu’une fois en couple, vous soyez capable de vivre des moments de solitude tout en étant engagé avec quelqu’un.

En résumé pour rester soi avec l’autre !

Xavier Lacroix (professeur de philosophie et de théologie à l’université catholique de Lyon) dit : « Aimer, ce n’est pas se donner, c’est l’occasion unique de mûrir, de devenir soi-même un monde pour l’amour de l’être aimé ».

Pour se connaître, il est bon de cultiver les amitiés : c’est un laboratoire pour devenir soi-même, occasion de se confronter, de repérer des différences sans pour autant se sentir en insécurité. C’est également l’occasion de pouvoir dire en confiance nos vulnérabilités, nos pauvretés.

Développer l’estime de soi :

L’estime de soi implique que j’ai de l’amour pour moi-même et de la confiance en moi. C’est être capable de répondre « oui », à la question : est-ce que je m’aime ? Tout le monde mérite l’amour de lui-même, cela protège du besoin maladif d’être aimé et reconnu. C’est faire preuve de maturité affective. Cela permet également de prendre conscience que l’autre ne peut entièrement me combler et encore moins deviner mes besoins ! Je vois souvent des couples qui sont convaincus des pouvoirs de la télépathie : si il ou elle ne devine pas, que j’ai envie de… ça veut dire qu’il/elle ne m’aime pas.

Quand on doute de soi, on ne fait pas toujours les bons choix, alors qu’une juste estime de soi permet une juste relation.

Christelle, la trentaine, a fait de bonnes études, elle a un travail qui l’intéresse. Aujourd’hui, après plusieurs échecs sentimentaux, elle est seule, ne s’est jamais sentie légitime pour aimer et être aimée. Elle me dit qu’elle a une mauvaise estime d’elle, ne se trouve pas belle et donc n’envisage pas qu’elle puisse être aimée.

Il est donc important de connaître son côté « ombre » — c’est-à-dire ses défauts, ses limites, ses pauvretés, ses vulnérabilités, ainsi que son côté lumière — ses qualités, ce qui est bon pour moi, là où je me sens vraiment vivant, ce que je réussis et ce que j’aime réussir.

Devenir adulte, c’est poser des choix et s’y tenir, c’est gérer les frustrations.

En conclusion, les sentiments sont de l’ordre de l’affectif, l’amour demande plus : de la constance, de la volonté, du don de soi…

Écoutez vos sentiments, exercez votre liberté intérieure par rapport à tout ce qui est « dans l’air du temps », et écoutez surtout vos aspirations profondes à construire un amour de qualité dans la durée ! Le temps est un ami.

 

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