En ce moment, mon couple c'est plutôt :

La banalisation des violences sexuelles faites aux femmes

Déborah Galopin
violences sexuelles

Depuis quelques jours le hashtag #Metoo ou #Moiaussi en français surcharge la toile, une façon de dénoncer des violences et agressions sexuelles suite à l’affaire Weinstein. Si vous aussi vous l’avez vécu, sachez que vous n’êtes pas seule.

La semaine dernière, j’ai lu un papier sur l’affaire Weinstein dans la presse people. J’accorde habituellement assez peu de crédit à ce genre de presse, mais j’ai quand même été choquée par les propos recueillis que j’ai partagés à mes amis d’un « C’est dingue ! Vous avez vu ça ? » Et visiblement je n’ai pas été la seule (tant mieux !).

Pourtant, on peut aussi être confrontés à différentes autres réactions : croire que ce sont les victimes qui mentent, penser qu’elles sont responsables de ce qui leur arrive —  « En général, quand tu vas dans la chambre d’un mec, c’est pour qu’il te touche. » a dit Pierre Bénichou dans l’émission Les Grosses Têtes — ou simplement l’indifférence.

Aussi révoltant que cela puisse paraître, cela s’explique simplement : nous nageons dans la culture du viol. Nous pouvons mettre en cause la pornographie, un machisme ambiant, les stéréotypes sexistes, la violence ordinaire et un tas d’autres éléments qui font que ce genre de comportements est courant et admis par notre société. Que ces comportements se soient banalisés n’est en aucun cas normal, en revanche c’est d’autant plus inquiétant !

Alors, faisons ensemble un petit point sur les différentes situations qu’une femme peut rencontrer au cours de sa vie :

Le harcèlement sexuel :

Le harcèlement est courant : dans la rue, au travail, à l’école… Ce peut être des remarques, des agissements qui sont hostiles à l’égard d’une personne et d’autant plus s’ils sont répétés. Ce sont les « salopes » qu’on peut entendre dans la rue parce qu’on a rembarré un gars qui nous draguait lourdement, ça peut être un collègue qui tient des propos déplacés dès qu’on le croise pour espérer obtenir des faveurs sexuelles. Ce sont les insultes, les menaces, les gestes, la pression psychologique exercée sur la victime (en générale une femme) pour exercer une domination sur cette dernière.

L’agression sexuelle :

L’agression sexuelle comporte différents types de situations. On pense le plus communément au viol (acte de pénétration non consenti), mais cela comprend également les attouchements sexuels, embrasser une personne de force, se frotter à elle…

Une agression sexuelle est toujours faite sous contrainte, sans consentement, et/ou par surprise. De même si elle n’est pas en mesure de donner son consentement (parce qu’elle dort ou parce qu’elle a trop bu) il s’agit d’un viol. Il est faux de croire que c’est la victime qui est responsable, peut importe son comportement, sa tenue.

Et le viol conjugal aussi !

Il y a un sujet dont on parle assez peu et pourtant qui est tout aussi important : le viol conjugal. Sous prétexte qu’on est en couple, qu’on vit ensemble, qu’on est marié, on a tendance à croire qu’on peut disposer de l’autre un peu comme on veut. Si elle/il a eu envie hier pourquoi elle/il dirait non ce soir ? Alors on force les choses, des petits bisous dans le cou, l’autre dit qu’il n’a pas envie, mais on y va quand même ! Sachez qu’il s’agit également d’un viol.

Ce genre de comportement est rarement dénoncé, on aime, on pardonne et on admet que l’autre puisse de temps en temps avoir des rapports avec nous sans qu’on n’en ait forcément envie. Il le fait par amour, n’est-ce pas ? Alors on accepte par amour. Non, ça n’est pas admissible. Ce n’est pas parce que l’agresseur est notre mari, que c’est moins grave ou que les conséquences sont moins lourdes. C’est pourquoi il est important de connaître la notion de consentement même au sein du couple.

94 % des viols sont commis par des personnes proches de la victime.

Il n’y a qu’une chose (ou deux) à retenir : vous êtes le/la seul(e) à disposer de votre corps et le consentement n’est pas acquis parce qu’on dit “oui” une fois. Non, c’est non. Refuser de faire l’amour, ne signifie pas pour autant qu’on n’aime pas ou plus. Alors si votre femme vous dit “pas ce soir, je suis fatiguée”, tenez-en vous à ses mots.

« Cette représentation prédatrice de la sexualité participe au maintien de l’inégalité entre les sexes. Elle prive une majorité d’hommes et de femmes d’un accès à une sexualité épanouissante dans une véritable rencontre amoureuse, faite de respect, d’échanges et de découverte de l’autre, en entretenant une confusion entre un véritable désir et une excitation douloureuse liée à une mémoire traumatique sensorielle » Mémoiretraumatique.org

Le viol conjugal peut également s’accompagner de violences (physiques, morales…), de l’emprise de votre partenaire sur vous. Bien que nous nous sommes construits autour d’un modèle patriarcal, ce n’est en aucun cas une justification pour manquer de respect à votre personne.

On ne peut pas vous dire d’aller porter plainte si vous ne le souhaitez pas, en revanche, ayez conscience des situations malsaines face auxquelles vous pouvez être confrontée pour être capable de vous en éloigner et de ne plus les subir. Si vous refusez qu’un inconnu vous manque de respect, vous devez tout autant le refuser de la part de votre mari/femme. Aussi difficile que cela puisse être, ne permettez pas que cela se reproduise.

Pour les victimes, n’hésitez pas à vous rapprocher d’associatios ou de sites de soutien comme Memoiretraumatique ou Stop-Violence-Femmes.gouv. Vous pouvez également lire notre article pour retrouver une sexualité positive après un abus.

La meilleure façon de lutter contre ces violences est d’en parler.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *