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Avez-vous le complexe de Cendrillon ?

Déborah Galopin
le complexe de cendrillon

Votre entourage le dit souvent, vous êtes du genre rêveuse, fleur bleue, une idéaliste de l’amour, un peu petite fille dans l’âme. Et parfois, c’est vrai, vous vous sentez dans ce rôle de princesse en haut de sa tour dans l’attente du prince. Tant que vous êtes bloquée là-haut, vous avez le sentiment que votre vie n’en vaut pas la peine, qu’elle est chiante à pleurer, parce qu’il vous manque un Homme, le vrai. N’auriez-vous pas attrapé le complexe de Cendrillon par hasard ?

Qu’est-ce que le « complexe de Cendrillon » ?

Cendrillon, vous la connaissez : c’est la souillon devenue princesse. C’est la jeune fille qui prend soin de sa belle-mère et de ses demies sœurs alors qu’elles la maltraitent. Si elle arrive à se rendre au fameux bal, c’est grâce à sa Marraine la bonne fée. Dans sa robe de princesse, sa beauté est révélée et elle suscite alors l’envie et la convoitise de tous les hommes, ce qui va la faire fuir. Elle incarne l’idéal masculin et étrangement beaucoup de femmes se sont glissées dans ce rôle.

Si le portrait peut paraître flatteur à première vue, Cendrillon incarne à la fois l’innocence et la beauté. Colette Dowling est la première à parler de ce complexe en 1981 dans son livre portant le même nom. Elle explique que ce qui définit le complexe de Cendrillon, c’est ce lien de dépendance. Cendrillon n’est pas préparée à sa liberté et va désirer être prise en charge par un homme.

Colette Dowling dit : « On nous a préparées par notre éducation à dépendre d’un homme et à nous sentir nues et terrifiées si nous en sommes dépourvues »

De par notre éducation et l’influence des médias et de la société, il est tentant de croire qu’un jour, un prince charmant va tomber du ciel. Nous restons statique à l’attendre, alors que la vie, elle, continue de défiler et demeurons donc malheureuse tout ce temps. Nous sommes persuadées que c’est cet homme qui va changer notre vie, qu’il a la capacité de nous rendre heureuse et épanouie. Nous avons le désir d’être protégées par un homme, abandonnant tous nos centres d’intérêt et nos activités pour lui. Dès l’instant où nous partageons notre vie avec Charmant, nos ambitions s’effondrent et nous ne nous voyons que par le prisme de cette personne. Il y a une sorte d’annihilation de notre propre personnalité. De façon plus courante, on parle de dépendance affective. Oui, le complexe de Cendrillon, c’est vivre pour l’autre, à travers l’autre.

Voici donc l’envers du décor beaucoup moins glam’.

Pourquoi ce complexe est mauvais pour vous ?

Il ne faut pas sous-estimer le complexe Cendrillon, car il est bien réel et se retrouve chez de nombreuses femmes. Or, il faut savoir qu’il vous bloque dans votre progression et votre chemin intérieur. Parfois, on a beau brandir haut l’étendard de l’indépendance auprès de nos copines, parce que nous sautons d’un homme à un autre (tout en étant malheureuse, hein, même si on n’osera jamais le leur dire) dans l’espoir de trouver où M. Charmant se cache, cela ne nous empêchera une fois casée d’être complètement soumise et de tout abandonner pour cedit prince, y compris si nécessaire nos copines.

C’est la raison pour laquelle, nous choisissons la plupart du temps des figures masculines fortes. Nous avons tendance justement à rechercher un rapport de domination. Cela passe par l’âge (ça fait écho en vous le fait que vous n’êtes attirée que par des hommes plus vieux ?) l’intelligence, la richesse… Dans cette position, la femme valorise l’homme et se dévalorise, elle. Elle peut plus facilement tomber sur des hommes qui lui feront subir des violences ordinaires, morales voire physiques et aura des difficultés à s’en défaire ou à s’opposer à eux. Pourquoi ? Parce qu’elle n’a tout bonnement aucune confiance en elle (et ce n’est pas les réflexions qu’elle subira qui l’y aideront). Elle est incapable de s’affirmer, d’affirmer ses propres désirs. Elle ne sait pas ce qui est bon pour elle, car elle ne connaît pas sa propre valeur et du même coup tolère des choses inacceptables, car irrespectueuses.

Vous pouvez dire bonjour à “Le sourire de Mona Lisa” et Twilight qui représentent l’archétype de la Cendrillon. Les figures masculines prennent le pouvoir sur les femmes et le pire c’est qu’elles aiment ça ! Si vous vous reconnaissez dans ces personnages ou si vous aimez particulièrement ces films, je n’ai qu’une chose à dire : Wake up ! Ce n’est que le résultat d’une société patriarcale.

« La femme peut uniquement changer le cours de sa vie lorsqu’elle amorce une relation avec un homme. Sinon, elle sera une esclave ou une servante pour toujours. » Colette Dowling

En devenant dépendante d’un homme, cela vous empêche de développer vos compétences et de réaliser vos objectifs personnels. Vous êtes entièrement dévouée aux autres, à votre Prince — beaucoup moins charmant depuis le paragraphe précédent — et au reste de votre famille. Si vous pensez bien faire, au contraire, cela peut être carrément étouffant pour votre couple. Plus vous adopterez cette attitude, moins vous aurez d’espace pour vous exprimer et pour être heureuse.

Comment en sortir ?

Là, c’est le moment où il ne va pas valoir vous complaire dans le rôle de victime. Que vous soyez en couple ou célibataire, il va être temps de sortir de votre tour d’ivoire. La porte est ouverte, il suffit juste de tourner la poignée et de descendre les nombreuses marches qui vous séparent de la terre ferme, de ce qui vous permettra de vous retrouver en tant que personne. Empowerment, s’il vous plaît !

Cela peut être déroutant au début et la peur pourrait vous donner envie de partir en courant vous réfugier immédiatement dans votre tour (ou dans votre couple…). Les premières questions à se poser c’est : « Qui je suis ? » et « De quoi j’ai envie ? » La réponse la plus évidente qui risque de vous apparaître c’est « je ne sais pas ». C’est l’étape de conscience. Vous vous rendez-vous que vous êtes effectivement une Cendrillon, que vous vous êtes oubliée et qu’il va falloir puiser en vous pour vous reconnecter avec votre voix intérieure.

« Qui je suis » est une question large qui peut vous prendre du temps avant d’obtenir une réponse satisfaisante, c’est l’apprentissage de toute une vie, mais pour cela il va falloir repuiser dans vos souvenirs d’enfance : quand vous étiez gosse, qui vouliez-vous être plus tard ? Que pouvez-vous faire maintenant pour réaliser vos rêves ? Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais vous aidera à retrouver des objectifs, une ambition. Quand vous êtiez enfant, vous n’aviez pas la possibilité d’être ce que vous désiriez être, mais aujourd’hui, c’est en votre pouvoir. Pour cela, vous allez devoir surmonter votre peur, car c’est précisément ce sentiment qui vous bloque actuellement. Une petite lecture du livre « Ta deuxième vie commence quand tu te rends compte que tu n’en as qu’une » pourra vous être utile pour reprendre le pouvoir sur votre vie.

Ensuite « de quoi ai-je envie ? » c’est une question plus immédiate et qui demande à être satisfaite rapidement contrairement à « qui suis-je » qui sera un apprentissage sur le long terme. Parfois vos amis, ou votre conjoint vous demandent de quoi vous avez envie et vous répondez mécaniquement « comme tu veux ! » ou « je m’en fiche. Décide ». C’est sur ce point que vous allez devoir retravailler. N’inhibez pas vos propres désirs et cherchez à connaître vos préférences : une pizza ou un poisson en papillote, plutôt Mojito ou Margarita, vous préférez prendre un verre ou aller au cinéma, et même au lit vous avez le droit de choisir la position que vous aimez et la suggérer à votre mari.

Ce sont des choses simples, mais sur lesquelles vous pouvez totalement oublier de vous imposer. Vous pensez faire plaisir aux autres en les suivant dans leurs propres désirs, mais vous ne vous rendez pas service. À force, vous passerez pour une fille aussi transparente que du verre. En agissant de la sorte, vous ne donnez pas à votre mari la possibilité de vous satisfaire et de vous rendre heureuse. Alors n’ayez pas honte et apprenez à vous faire confiance. La prochaine fois qu’il vous posera une question, faites-moi plaisir et répondez-lui en bannissant le « je ne sais pas ». Le but n’est pas de rentrer dans un esprit de contradiction ou de confrontation mais n’oubliez pas que chaque nouvelle chose que vous direz pour vous imposer sera un pas de plus pour sortir du complexe de Cendrillon.

Vous êtes une personne à part entière et ce sont vos bons, mais aussi vos mauvais côtés qui permettront aux autres d’aimer l’être complexe que vous êtes. Alors, affirmez-vous et vous verrez que votre mari ou votre futur ne vous en aimera que davantage ! Vous le méritez.

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