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L’abstinence est-elle mauvaise pour la santé ?

Déborah Galopin
abstinence

L’abstinence sexuelle est un sujet qui fait jaser. On a du mal à comprendre comment des gens peuvent être abstinents. Pour n’importe quoi d’ailleurs. N’avez-vous jamais vu quelqu’un en soirée qui refusait un verre sous prétexte qu’il ne buvait pas d’alcool ? Ça paraît bizarre, non conventionnel. Les questions fusent « mais pourquoi ? Comment ça se fait ? C’est parce que t’es malade ou bien… ? » Alors quand il s’agit de ne pas coucher, c’est pire encore. Là, il n’y a pas de maladie qui tienne — ou rarement —, c’est toujours une question de choix. On reçoit le jugement des autres et on éprouve leur regard intrusif sur nous comme s’il pouvait lire ce qu’il se passait dans notre intimité.

Pourtant, avant de bondir et d’estimer que les abstinents sont des personnes anormales, il faudrait peut-être comprendre un peu.

L’abstinence : pourquoi ???

À l’heure de Tinder, il est facile pour la plupart des célibataires de satisfaire leurs envies sexuelles. Il suffit d’un peu de temps, de quelques messages échangés et l’affaire peut être vite réglée. Pourtant, certains célibataires font le choix de ne pas coucher.

On peut être abstinent à n’importe quel moment de notre vie. Cela n’arrive pas seulement aux personnes vierges qui veulent attendre le mariage par conviction religieuse, mais aussi à des célibataires qui décident de faire une pause, une « sex detox ». On ne va pas se mentir, tout le monde ne se dit pas le matin en se réveillant « tiens ! Et si je devenais abstinent maintenant ? » C’est souvent un choix réfléchi. Cela peut-être pour des raisons morales, mais cela peut également arriver après avoir été blessé dans son intimité, à cause d’une histoire d’amour qui s’est mal terminée, d’un abus sexuel ou à l’inverse après avoir multiplié les conquêtes sexuelles.

Les raisons sont diverses, mais se rejoignent la plupart du temps. C’est souvent une période de repos qu’on accorde à notre corps. À la place, on en profite pour se recentrer sur soi, pour réfléchir sur nos attentes, sur ce qu’on veut vraiment. De ce fait, on redonne de la valeur à l’acte sexuel. On ne sépare plus le corps de l’esprit, mais on les relie. Nous pouvons attendre la bonne personne afin que ces deux aspects soient en adéquation : le désir et les sentiments. On a tendance à estimer que l’abstinence est une privation, qu’on le vit dans la souffrance. Si elle est subie, bien sûr, elle l’est. Pourtant, elle peut se révéler salvatrice dans le cas où on le décide. On se prive d’une chose car on estime qu’elle ne nous apporte pas que du positif. C’est une recherche d’une satisfaction non pas sur l’instant T mais sur le long terme.

C’est mauvais pour la santé ?

Le sexe, on lui prête de nombreuses vertus. Selon l’OMS, faire l’amour 12 fois par mois, augmenterait l’espérance de vie de 10 ans. Est-ce que cela suppose donc que les abstinents vont forcément mourir jeunes dans d’atroces souffrances pour avoir osé se priver d’un tel plaisir ? Dans ce cas, comment expliquer que des personnes dans les ordres vivent aisément 90 ans ?

On a tendance à penser que le sexe est un besoin qu’il est nécessaire de combler, or contrairement à l’eau ou à l’air, il n’est pas vital, nous pouvons parfaitement vivre sans. Quand nous faisons l’amour, cela sollicite notre système de récompense au même titre que pourrait le faire une drogue. Ca nous rend heureux et c’est la raison pour laquelle, on a envie de recommencer. Selon les scientifiques, le sexe est bon pour le cœur, réduit le stress, nous aide à être plus épanouie. C’est vrai ! Pour autant, rien n’a prouvé que l’abstinence détériorait notre santé, c’est juste que notre organisme ne profite pas de tous les bienfaits du sexe.

« La frustration sexuelle peut mener à des symptômes psychosomatiques, explique le psychologue Jean-Michel Fitremann. Physiquement, la maladie se fixe sur les organes qui ne servent pas, comme l’utérus chez la femme. Psychologiquement, se développe une irritabilité, une exigence, une susceptibilité, qui rendent plus difficile la rencontre avec l’autre. Plus l’abstinence dure, plus la “remise en route” sera longue, plus elle nécessitera de patience. »

De plus, il y a une chose qu’on oublie : c’est la force de l’esprit. Tout ça, c’est une question de priorités. Lorsque l’abstinence est subie effectivement elle va être mal vécue, mais lorsqu’elle est pleinement consentie et choisie, on réoriente notre bonheur ailleurs. Il n’y a pas de frustration, c’est plutôt un désintéressement. Le sexe ne devient alors plus une condition sinéquanone à notre bien-être — et c’est valable pour le reste comme l’alcool par exemple. Certains relatent leur période d’abstinence comme des moments qui leur ont permis d’être plus productifs, plus créatifs. Ils ont simplement mis leur énergie ailleurs. Chacun vit et ressent cette période de disette différemment en fonction de ses objectifs.

Le meilleur moyen d’être en bonne santé, c’est quand même d’être heureux ! Alors si les abstinents sont heureux comme ça, il n’y a aucune raison que leur santé en pâtisse, si ? Alors cessez de vous inquiétez pour eux, les abstinents qui l’ont choisi se portent bien. 😉

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